DES ARTISTES

Anne et Christophe Mathieu, les lauréats de la résidence 2016, résident à Saint-Étienne. Elle est photographe, il est auteur, de poésie plus particulèrement. Après avoir exploré leur propre langage chacun de leur côté, ils décident de rassembler leurs compétences en 2007, à la suite d’une exposition commune.

À eux deux, ils développent le concept de « photopoèmes« , où les mots se mêlent et s’entremêlent à l’image, jusqu’à ne faire plus qu’un. Ils animent de nombreux ateliers d’art et d’expression, en France et à l’étranger

Logé pendant un mois et demi en plein coeur de la Vieille Ville de Jérusalem, Anne et Christophe ont parcouru le territoire d’Est en Ouest, découvert quelques uns de ses secrets et son étonnante lumière, et en ont fait naître quinze clichés qu’ils présentent ainsi :

Il y a eu, tout d’abord, ce qu’on nous a expliqué avant le départ, ce qu’on a lu, ce qu’on a vu, puis nous sommes arrivés… Comme d’habitude, nous avons marché. Beaucoup. Tous les jours ; immersion volontaire afin d’explorer nos ressentis, loin des explications. Puis, au bout de quelques jours, on a écrit, on a photographié.

Derrière les pierres, au-delà du visible, au plus profond de soi, des résonances… Les têtes s’agitent et tanguent, d’un côté, de l’autre. Plus loin, des clameurs. La nuit, on entend des chants sous les étoiles, des chants intérieurs. Puis on s’envole, au-delà des collines, et ce chant s’insinue dans chaque cellule de nos corps. Il vient du désert. Là, juste derrière nous. Avec le vent chaud, des voix, Jérusalem… On marche. Des ruelles silencieuses. Tôt le matin, tard le soir, la nuit. C’est à ce moment-là que tout est présent, que tout vient à nous, du plus profond des âges et, certainement, du plus profond de nos corps. Où se situe la différence entre ce qu’on voit et ce qu’on ressent ? Est-ce que je vois ce que je ressens ? Parfois, on se laisse aller à l’errance, on déambule, alors on te rencontre et on s’interroge… Qui sommes-nous en ta présence, Jérusalem ?

Jérusalem nous rappelle sans cesse que l’homme est en quête d’une réalité pour donner un sens à sa vie. Pourtant, sans doute davantage ici qu’ailleurs, on tutoie constamment l’invisible.

Leur séjour a donné lieu à une exposition, intitulée Tutoyer l’invisible.

ATELIERS D’ÉCRITURE ET RENCONTRES

Anne et Christophe Mathieu ont animé deux ateliers d’écriture au Lycée français de Jérusalem, auprès d’une classe de sixième constituée de seize élèves.

Ils sont également intervenu au sein de l’Institut français de Jérusalem – antenne de Naplouse, au sein duquel ont été proposés des ateliers à destination des étudiants francophones.